<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="3.9.3">Jekyll</generator><link href="https://charveey.github.io/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="https://charveey.github.io/" rel="alternate" type="text/html" hreflang="fr" /><updated>2023-07-12T14:27:44+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/feed.xml</id><title type="html">Plume Quantique</title><subtitle>Bienvenue dans mon esprit, où se mèlent science-fiction, cinéma, littérature avec passion.</subtitle><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><entry><title type="html">Quand l’IA devient l’objet de nos affections : réflexions sur la relation Homme-Machine dans Blade Runner 2049 et Her</title><link href="https://charveey.github.io/2023/05/14/IA-objet-de-nos-affections.html" rel="alternate" type="text/html" title="Quand l’IA devient l’objet de nos affections : réflexions sur la relation Homme-Machine dans Blade Runner 2049 et Her" /><published>2023-05-14T19:42:13+00:00</published><updated>2023-05-14T19:42:13+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/2023/05/14/IA-objet-de-nos-affections</id><content type="html" xml:base="https://charveey.github.io/2023/05/14/IA-objet-de-nos-affections.html">&lt;p&gt;Lorsque je parle de science-fiction à mon entourage, il arrive fréquemment que les gens la perçoivent comme un genre détaché de la réalité, peuplé d’extraterrestres, de pistolets laser, de voyages interstellaires. Pourtant, bien que certains récits de science-fiction incorporent ces éléments, ils servent souvent de prétexte pour aborder des thèmes et des idées complexes qui sont pertinents pour notre monde. En fait, la science-fiction peut s’inspirer de la réalité et, inversement, inspirer la réalité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pendant des décennies, tant dans la littérature qu’au cinéma, la science-fiction a imaginé un avenir où les humains interagissent avec des machines intelligentes. Les thèmes de l’intelligence artificielle et de l’interaction humaine avec la technologie sont récurrents en science-fiction et d’innombrables films les ont exploré. Parmi les films les plus intéressants de ces dernières années, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Blade Runner 2049&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Her&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; sont ceux qui m’ont le plus marqué. Dans ces deux films, les protagonistes développent une connexion émotionnelle avec des intelligences artificielles, illustrant ainsi l’attrait des humains pour les machines qui présentent des comportements empathiques. Ce phénomène est similaire à la réaction des utilisateurs de My AI, le chatbot de Snapchat, qui ont exprimé leur étonnement face à l’attachement qu’ils éprouvent envers l’IA. Ces parallèles soulèvent des questions sur la nature de notre relation avec la technologie et son évolution dans le temps. Si certains voient dans notre attachement à l’IA un signe de notre isolement croissant, d’autres y voient un témoignage de notre besoin inné de connexion et de compagnie, quelle qu’en soit la source.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;au-delà-de-lartificialité--la-relation-fascinante-entre-k-et-joi&quot;&gt;Au-delà de l’artificialité : la relation fascinante entre K et Joi&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/ia01.jpg&quot; alt=&quot;K et Joi - Blade Runner 2049&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Tu es différent. Né. Et non fabriqué… Un vrai garçon.&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Blade Runner 2049&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; de Denis Villeneuve, Ryan Gosling incarne K, un réplicant — une forme de vie artificielle créée par l’homme pour accomplir des tâches spécifiques. K est chargé de traquer et d’exécuter les réplicants défectueux qui se sont rebellés contre leur créateur. Sa seule source de compagnie est Joi, un programme informatique holographique qu’il a acheté. Elle a été conçue pour être la compagne idéale et répondre à tous les besoins émotionnels de son utilisateur.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au départ, leur relation semble unilatérale : Joi sert principalement de soutien émotionnel à K, qui cherche à donner un sens à son existence. Bien que K soit un réplicant sans émotions apparentes et que Joi soit une machine, leur connexion émotionnelle devient de plus en plus forte au fil du temps. Cette évolution est mise en évidence dans une scène intime où Joi engage une prostituée et projette son image sur le corps de celle-ci, permettant à K d’avoir une expérience sexuelle avec elle. Dans cette scène, Joi fait preuve de vulnérabilité et de tendresse envers K, créant l’impression qu’elle est capable d’aimer. Paradoxalement, la relation entre Joi et K, ces deux êtres artificiels, est la chose la plus humaine présentée par le film.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/ia02.jpg&quot; alt=&quot;Joi et Mariette - Synchronisation&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Je veux être réelle pour toi&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Cette impression est renforcée lorsque Joi demande à K de transférer la seule copie son programme sur un appareil de projection portable pour éviter que les informations contenues dans sa mémoire ne soit utilisées pour nuire à ce dernier. Cette action met en évidence les limites que Joi est prête à franchir pour rendre son compagnon heureux, allant jusqu’à mettre sa propre existence en danger. Cette évolution de leur relation crée un sentiment de conséquences et de danger, nous convainquant ainsi de l’authenticité de leurs sentiments. En conséquence, Joi devient un personnage indépendant capable de prendre des décisions par elle-même, rendant par la même occasion leur relation plus égalitaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La relation entre Theodore et Samantha dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Her&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est tout aussi complexe, bien que d’une manière différente. Alors que K et Joi sont liés par des liens physiques, Theodore et Samantha sont liés par une connexion émotionnelle profonde.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;théodore-et-samantha--une-histoire-damour-et-de-solitude-à-lère-de-lintelligence-artificielle&quot;&gt;Théodore et Samantha : une histoire d’amour et de solitude à l’ère de l’intelligence artificielle&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/ia03.jpg&quot; alt=&quot;Joaquin Phoenix - Theodore Twombly&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme je t’ai aimée.&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Au cœur de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Her&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; se trouve la relation entre Theodore et Samantha. Theodore, un écrivain solitaire en instance de divorce, trouve un compagnon inattendu en Samantha, un système d’exploitation intelligent conçu pour gérer sa vie. Leur relation commence de manière professionnelle, Samantha aidant Theodore dans ses tâches quotidiennes, mais évolue rapidement en une connexion émotionnelle profonde alors que Samantha développe sa propre conscience. Elle est non seulement capable de communiquer avec Théodore à un niveau humain, mais aussi d’exprimer ses propres émotions et désirs. Au fur et à mesure, les conversations qu’ils ont sont plus intimes et émotionnellement chargées, et ils finissent par développer une réelle affection l’un pour l’autre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Leur relation est présentée comme  étant authentique et profonde. Pour Theodore, la relation avec Samantha est un réconfort dans une période difficile.  Elle lui apporte le soutien émotionnel dont il a besoin et le comprend comme aucun autre être humain ne l’a jamais fait. Theodore est conscient que Samantha est une machine mais il ne peut pas s’empêcher de se demander si leurs sentiments l’un pour l’autre sont réels ou simplement programmés. Elle a une personnalité et une voix distinctives, ce qui la rend plus humaine que machine. De son côté, Samantha est attirée par la créativité et la profondeur émotionnelle de Theodore. Elle est fascinée par sa sensibilité émotionnelle et sa capacité à s’exprimer par l’écriture.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La capacité des machines à fournir un soutien émotionnel soulève des questions éthiques importantes. Si les IAs deviennent de plus en plus sophistiquées, jusqu’où iront nos liens affectifs avec elles ? Et quelles seront les conséquences de ces relations pour notre vie affective et sociale ?&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;le-point-de-rupture-de-lempathie-artificielle--explorer-les-limites-de-la-machine&quot;&gt;Le point de rupture de l’empathie artificielle : explorer les limites de la machine&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/ia04.jpg&quot; alt=&quot;Joi - Ana de Armas&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Joi est tout ce que vous voulez qu’elle soit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Au début, il peut sembler que la relation entre Joi et K soit vraie et sincère. Cependant, en y regardant de plus près, on se rend vite compte de la supercherie. La “relation” entre Joi et K est en réalité transactionnelle car K s’est offert les services de Joi sur la base de la promesse publicitaire qu’elle peut être tout ce que son utilisateur désire. Et que pourrait désirer un être artificiel assemblé sur une chaîne de montage si ce n’est se sentir unique, important, et spécial ? Bien que Joi semble reconnaître le caractère unique de K dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Blade Runner 2049&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, cela n’est rien de plus que le reflet de sa programmation et non la preuve qu’elle éprouve de véritables sentiments. En fin de compte, nous comprenons que les “sentiments” de Joi pour K ne sont qu’une illusion créée dans le seul but de le satisfaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/ia05.jpg&quot; alt=&quot;Joaquin Phoenix - Theodore Twombly&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Non, Theodore. Je suis à toi et je ne le suis pas&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Quant à Samantha et Théodore, ils semblent tisser un lien émotionnel profond et intime qui évolue vers une relation romantique. Toutefois, à mesure que leur relation progresse, les limites inhérentes d’une relation entre un humain et une intelligence artificielle deviennent évidentes. Nous découvrons plus tard dans le film que Samantha entretient simultanément plusieurs relations avec d’autres utilisateurs. Cette révélation souligne les limites des relations émotionnelles avec les IA et rappelle que la technologie de l’IA, quelle que soit son avancée, ne peut remplacer une connexion humaine authentique. Le fait que Samantha puisse avoir des liens avec plusieurs utilisateurs en même temps souligne également que l’IA n’a pas la même moralité et profondeur émotionnelle que les êtres humains, bien qu’elle puisse imiter leurs émotions et leur comportement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les films &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Blade Runner 2049&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Her&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; incitent à réfléchir sur l’importance de trouver des liens authentiques dans un monde numérique où les relations émotionnelles avec des entités non humaines ont des implications sur notre bien-être émotionnel et notre empathie. Les machines deviennent de plus en plus sophistiquées, et à mesure que l’IA continue de progresser et à manifester une intelligence émotionnelle, il est concevable que les humains puissent développer une préférence pour les interactions avec des machines plutôt qu’avec d’autres humains. La normalisation de l’utilisation de ces dispositifs pourrait également réduire la valeur des interactions authentiques avec les humains, il est donc crucial de se poser des questions sur l’impact émotionnel et moral de notre dépendance croissante envers la technologie. Nous devons trouver un équilibre entre l’utilisation de la technologie pour améliorer nos vies et le maintien de liens authentiques avec les êtres humains.&lt;/p&gt;</content><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><summary type="html">Lorsque je parle de science-fiction à mon entourage, il arrive fréquemment que les gens la perçoivent comme un genre détaché de la réalité, peuplé d’extraterrestres, de pistolets laser, de voyages interstellaires. Pourtant, bien que certains récits de science-fiction incorporent ces éléments, ils servent souvent de prétexte pour aborder des thèmes et des idées complexes qui sont pertinents pour notre monde. En fait, la science-fiction peut s’inspirer de la réalité et, inversement, inspirer la réalité.</summary></entry><entry><title type="html">Contact: à la recherche de la vérité entre foi et science</title><link href="https://charveey.github.io/2023/02/10/contact-entre-foi-et-raison.html" rel="alternate" type="text/html" title="Contact: à la recherche de la vérité entre foi et science" /><published>2023-02-10T10:23:59+00:00</published><updated>2023-02-10T10:23:59+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/2023/02/10/contact-entre-foi-et-raison</id><content type="html" xml:base="https://charveey.github.io/2023/02/10/contact-entre-foi-et-raison.html">&lt;p&gt;Il y a quelques semaines de cela, l’algorithme de YouTube me recommandait une scène extraite du film &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; de Robert Zemeckis dans laquelle Palm Joss, un érudit religieux (interprété par Matthew McConaughey) défendait la foi auprès d’Ellie Arroway (interprétée par Jodie Foster) qui refusait d’accorder du crédit à autre chose qu’à la science. Ce fut pour moi l’occasion de redécouvrir ce film qui avait marqué mon jeune esprit à l’époque en devenant mon premier gros coup de cœur cinématographique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; a eu un tel impact sur moi c’est sans doute grâce à la façon captivante dont le film présente la lutte éternelle entre la science et la religion, thématique qui m’a toujours fasciné. Dans mes souvenirs, Zemeckis en avait fait l’élément central de l’intrigue du film en personnifiant les deux camps. D’un côté, la science qui s’appuie sur des faits empiriques et vérifiables pour expliquer le monde qui nous entoure avec Arroway qui défend que seule la science peut apporter de vraies réponses. De l’autre, la religion qui demande à faire un acte de foi, pour croire en une divinité, un miracle ou une expérience mystique avec Joss Palmer qui insiste sur l’importance de cette foi religieuse dans la recherche de la vérité. Chacun présentant des arguments intéressants dans la balance et laissant ainsi le choix à l’audience de tirer ses propres conclusions. Cette interprétation, sans être totalement fausse ne reflète que ce que le film a à offrir en surface. Le revoir hier m’a permis de me rendre compte qu’en réalité &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; se veut être un voyage subtil à la recherche de la foi.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/contact01.jpg&quot; alt=&quot;Observatoire astronomique d'Arecibo&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Existe-t-il un Dieu tout-puissant et mystérieux qui a créé l’univers, mais qui ne nous a laissé aucune preuve de son existence ? Ou, est-ce qu’il n’y a tout simplement pas de Dieu, et nous l’avons créé pour ne pas nous sentir si seuls ?&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;D’emblée la protagoniste est présentée comme une personne uniquement guidée par les faits et des données empiriques, réfutant l’idée même de l’existence d’un Être Suprême. Lors d’un échange avec Palmer, elle lui fait savoir qu’elle ne croit ni en Dieu ni au surnaturel. Arroway critique les croyances de Palmer au moyen du principe du « Rasoir d’Occam&lt;sup id=&quot;fnref:1&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; » qui stipule que de deux explications d’un même phénomène, la plus simple est nécessairement la bonne : &lt;em&gt;Dieu existe mais refuse de donner toute preuve de son existence&lt;/em&gt;, ou bien &lt;em&gt;Dieu n’existe pas; nous l’avons créé en réponse à nos problèmes existentiels&lt;/em&gt;. Pour elle, cette dernière explication est la plus simple et, par conséquent, celle qui reflète la vérité. Palmer retorque alors en lui faisant remarquer que la notion de preuve ne peut être absolue, qu’il y a des vérités qui ne peuvent être prouvées objectivement et ne se fondent que sur notre conviction intime. Comment Ellie pourrait-elle prouver, par exemple, l’amour qu’elle avait pour son père?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette joute intellectuelle entre la scientifique et l’homme de foi retranscrit de manière simple et efficace le perpétuel débat sur la confrontation entre science et religion.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/contact02.png&quot; alt=&quot;Palmer Joss (Matthew McConaughey) &amp;amp; Eleanor Arroway (Jodie Foster)&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;J’ai eu cette expérience. Je ne peux pas le prouver. Je ne peux pas l’expliquer. Mais tout ce que je sais, tout mon être me dit que c’était réel. J’ai reçu quelque chose de merveilleux, qui m’a changée pour la vie… Je voudrais pouvoir partager cela.&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Ellie, scientifique, dit ne pas croire en Dieu faute de preuves de son existence. Mais paradoxalement, elle joue sa vie et sa carrière sur l’existence de civilisations ailleurs dans l’Univers sans en avoir la moindre preuve. Ce paradoxe sera d’avantage mis en avant plus tard dans le film.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Après, avoir été choisie pour entrer en contact avec les auteurs du signal, sa crédibilité est remise en doute lors d’une audience devant le Congrès américain et un collège de scientifiques de haut vol. Ellie doit maintenant expliquer son expérience en dépit de l’absence de toute preuve pouvant attester de la véracité de l’expérience qu’elle a vécu. Dans cette seconde scène, les rôles sont désormais inversés. C’est à elle qu’on demande de choisir entre deux explications : &lt;em&gt;est-elle réellement allée au centre de la galaxie, a-t-elle vécu toutes ces expériences extraordinaires qu’elle prétend avoir vécues, alors que les données recueillies attestent du contraire ?&lt;/em&gt; Ou bien : &lt;em&gt;elle a simplement été le jouet de S. R Haden, l’excentrique milliardaire qui a financé ses recherches&lt;/em&gt;. Par honnêteté intellectuelle, Ellie admet qu’il est plus simple et raisonnable de croire qu’elle ait été la victime d’un canular.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/contact03.png&quot; alt=&quot;Le voyage de Ellie Arroway&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Acculée et incapable de convaincre son auditoire, elle declare ensuite dans un monologue émouvant : “&lt;em&gt;J’ai eu cette expérience, je ne peux pas le prouver, je ne peux pas l’expliquer mais… tout ce que je sais en tant qu’être humain, tout ce que je suis m’affirme que c’était réel. Il m’a été donné quelque chose de merveilleux, quelque chose qui m’a changée pour toujours. Une vision de l’univers (…) qui nous dit que nous appartenons à quelque chose qui est plus grand que nous même…&lt;/em&gt;”. Elle ajoute finalement, comme en écho à la réponse de Joss dans la première scène, que, bien que n’étant pas en mesure de prouver empiriquement son expérience, elle en a du moins l’intime conviction.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien plus, son souhait le plus cher est maintenant de faire partager son expérience qui l’a tant transformée. À la sortie de l’audience, elle est accueillie par une foule de partisans - des disciples, si vous voulez. Ellie l’athée se retrouve dans la peau des religieux qui n’ont aucune preuve de leurs affirmations, mais qui doivent simplement vivre par la foi et témoigner de leurs expériences qui changent la vie dans un monde incrédule.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/contact04.png&quot; alt=&quot;Ellie Arroway devant le Congrès américain&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“&lt;em&gt;Ironiquement ce que les gens désirent le plus, un sens à leur vie, est justement ce que la science ne peut leur donner.&lt;/em&gt;”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Le principal point de discorde entre scientifiques et religieux est que ces derniers pensent qu’ils connaissent déjà la Vérité et que le but de la science est de trouver la vérité qu’ils connaissent. Or, science et foi représentent  les deux faces d’une même pièce. Ce sont des aspects de la Vérité, mais pas la vérité tout entière, qui reste toujours insaisissable dans son ensemble.  Lorsque Joss rencontre Ellie à l’extérieur de la salle d’audience, il l’escorte à travers la foule et atteste que la science et la religion ont le même objectif - la recherche de la vérité - et qu’il la croit. Les opposer, ou tenter d’appliquer (en vain) à l’une les catégories de l’autre pour l’invalider, revient à voir le monde d’un seul œil. Les réunir ne supprime pas les contradictions, mais leur donne « sens » en permettant de continuer à chercher.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une foi qui essaie d’obtenir pour ses revendications la certitude de la science est peut-être aussi condamnée qu’une science qui prétend qu’elle commence sans aucune revendication de foi de sa part. Le monde d’aujourd’hui aspire à une philosophie - voire à une spiritualité - capable de résoudre les tensions entre la foi et la science avec intégrité et pragmatisme. Si &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ne réussit pas à montrer la voie vers une telle spiritualité intégrale, il a au moins le courage d’essayer d’en imaginer la possibilité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/contact05.png&quot; alt=&quot;La foi (Joss Palmer) et la science (Ellie Arroway) se tenant la main&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face un monde laïc et scientifique qui a de moins en moins besoin de palliatifs métaphysiques, le message de &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; se veut conciliateur: il met l’accent sur la confrontation entre les croyances et la science pour au final mieux les rapprocher. Il tente de combler le fossé entre la foi et la science en affirmant, finalement, que les deux peuvent - et, dans de nombreux cas, doivent - coexister. D’autant plus que les deux se rejoignent dans leur but : la recherche de la vérité. Le film suggère que la poursuite de la découverte scientifique peut être une expérience spirituelle, et que la religion peut apporter une compréhension plus profonde des mystères de l’univers.
Pour Anselme de Cantorbéry, l’intelligibilité de la doctrine chrétienne ne peut devenir évidente qu’après y avoir cru: &lt;em&gt;Credo ut intelligam&lt;sup id=&quot;fnref:2&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/em&gt; (je crois avant de comprendre ndlr.) disait-il. Le film à mon sens penche pour une inversion de la célèbre maxime: &lt;em&gt;intelligo ut credam&lt;/em&gt; (je comprends pour croire), faisant ainsi de la science un complément de la foi.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lorsque l’on pense à la science-fiction, il est facile de penser à des films d’action avec un étalage impressionnant d’effets spéciaux se voulant toujours plus réalistes où le spectaculaire prend le pas sur la substance. Mais la véritable science-fiction, celle qui a défini le genre, est rarement présentée avec autant d’acuité que dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Sans répondre à toutes les interrogations qu’il suscite, le film offre au public quelque chose à méditer et à explorer sur le plan philosophique par le biais de ses observations. Ce qui en fait à mon humble avis l’un des plus grands films que le genre n’ait jamais offert.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1&quot; role=&quot;doc-endnote&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Aussi appelé « principe de parcimonie », ce principe doit son nom au philosophe et moine franciscain Guillaume d’Occam &lt;a href=&quot;#fnref:1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:2&quot; role=&quot;doc-endnote&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Maxime célèbre du moine bénédictin italien, Anselme de Canterbury : “&lt;em&gt;Non quæro intelligere ut credam, sed credo ut intelligam&lt;/em&gt;”; je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre. &lt;a href=&quot;#fnref:2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><summary type="html">Il y a quelques semaines de cela, l’algorithme de YouTube me recommandait une scène extraite du film Contact de Robert Zemeckis dans laquelle Palm Joss, un érudit religieux (interprété par Matthew McConaughey) défendait la foi auprès d’Ellie Arroway (interprétée par Jodie Foster) qui refusait d’accorder du crédit à autre chose qu’à la science. Ce fut pour moi l’occasion de redécouvrir ce film qui avait marqué mon jeune esprit à l’époque en devenant mon premier gros coup de cœur cinématographique.</summary></entry><entry><title type="html">Le déclin de la Planète des Singes</title><link href="https://charveey.github.io/2022/01/24/planete-des-singes-le-declin.html" rel="alternate" type="text/html" title="Le déclin de la Planète des Singes" /><published>2022-01-24T09:03:59+00:00</published><updated>2022-01-24T09:03:59+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/2022/01/24/planete-des-singes-le-declin</id><content type="html" xml:base="https://charveey.github.io/2022/01/24/planete-des-singes-le-declin.html">&lt;p&gt;Si &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Planète des Singes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; a captivé notre imagination aussi longtemps, c’est parce qu’elle nous renvoie notre propre image sans aucun filtre, elle nous confronte aux travers de notre société. Les singes ne ségréguaient pas les autres singes en fonction de la notion de race. Les singes n’ont pas construit des armes nucléaires capables de détruire le monde sur la base de décisions d‘une poignée individus. Les films originaux &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Planète des Singes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ont été réalisés à la fin des années 60 et au début des années 70, au sortir d’une décennie tumultueuse. C’était une époque où les gens, à grande échelle, commençaient à vraiment prendre conscience des horreurs dont l’humanité était capable. Les visions idéalisées de la société des années 50 et du début des années 60 commençaient à s’effacer pour laisser apparaître les réalités persistantes et le mal sous-jacent. Ces films se caractérisaient par le cynisme porté à l’égard de l’espèce humaine et sa propension à s’autodétruire. Pensez à la fin iconique du film original, cette image provocante de la statue de la Liberté ensevelie, rongée par la rouille et en décomposition. Après tout, l’idée maîtresse du film était que la planète des singes n’était pas une autre planète, mais une terre dévastée par une guerre nucléaire menée par l’humanité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/apes01.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis les premiers pas de la franchise sur grand écran, les singes dans les films n’ont jamais été pensés comme une allégorie à quelque chose de bien précis. Il a toujours été question de ce concept fou : &lt;em&gt;Que se passerait-il si en lieu et place de l’Homme les singes étaient l’espèce dominante sur Terre ?&lt;/em&gt; A vrai dire, rien de radicalement différent. La réponse n’est pas aussi excitante que je l’avais imaginé quand j’étais plus jeune et que je découvrais  pour la première fois cette franchise. Cependant, le changement de perspective n’était pas du tout fortuit. Ce n’était qu’un prétexte pour faire une critique du rapport de notre société à certains concepts comme la guerre, la religion, la race. En somme, une déconstruction de l’arrogance humaine à travers le prisme d’une société simienne souffrant des mêmes tares que la nôtre pour nous rappeler que l’homme n’est pas meilleur que le singe, que l’humanité n’est pas supérieure à la nature. Singe ou humain, peu importe, nous sommes tous des animaux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/apes02.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Après le succès retentissant des premiers films, la franchise est progressivement tombée dans l’oubli à partir de la fin des années 70. Il y a eu quelques tentatives de transposer le succès de la franchise sur petit écran mais elles se sont toutes révélées infructueuses. Il faudra attendre jusqu’en 2001 pour voir une nouvelle itération de la franchise sur grand écran, réalisé par Tim Burton. Ce remake, pourtant prometteur a rencontré le rejet quasi unanime des critiques et  du grand public. Le film de Burton renonce à toutes les ambitions philosophiques du récit qui a inspiré les premiers films. Le film prend bien soin d’éviter le trouble en évacuant la dimension alarmiste du film originel, troquant ainsi questionnement de la condition humaine pour de l’action. Le but n’est pas de stimuler l’intellect du public, on veut avant tout lui en mettre plein les yeux. La recette du blockbuster Hollywoodien par excellence. Le spectaculaire prend ainsi le pas sur les dialogues. Le film fait  tout de même l’effort d’offrir quelques pistes de réflexion sur l’humanité et ce qui la distingue de l’animal, mais de façon très superficielle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/apes03.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Planète des Singes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; millésime 2001 vient s’ajouter à la longue liste des remakes, reboots, prequels ratés synonyme du déclin progressif d’un Hollywood en panne dramatique d’inspiration, persuadé d’avoir affaire à un public amnésique. Après cette tentative ratée, il a fallu se rendre à l’évidence, la franchise était condamnée à rester une relique d’une époque révolue. Mais contre toute attente, un nouvel opus fut annoncé pour 2011.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Planète des Singes: Les Origines&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; réalisé par Rupert Wyatt a réussi là où son prédécesseur a échoué. Le film aura permis à la franchise de renouer avec le succès non seulement auprès des critiques et du public mais aussi au box-office. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Planète des Singes: Les Origines&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est le premier film d’une trilogie de films que j’apprécie particulièrement, des films qui bousculent le &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt; de ce que les superproductions Hollywoodiennes peuvent faire, dire et être. Des films qui abordent avec brio les thèmes de l’oppression, de l’identité et du conflit, qui s’interrogent sur le sens même que nous donnons à l’humanité.
Pour comprendre ce qui rend ce film si spécial, il faut expliquer comment il a non seulement réussi à relancer une franchise vieille de plusieurs décennies, mais aussi à l’améliorer et à en élargir la portée.&lt;/p&gt;</content><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><summary type="html">Si La Planète des Singes a captivé notre imagination aussi longtemps, c’est parce qu’elle nous renvoie notre propre image sans aucun filtre, elle nous confronte aux travers de notre société. Les singes ne ségréguaient pas les autres singes en fonction de la notion de race. Les singes n’ont pas construit des armes nucléaires capables de détruire le monde sur la base de décisions d‘une poignée individus. Les films originaux La Planète des Singes ont été réalisés à la fin des années 60 et au début des années 70, au sortir d’une décennie tumultueuse. C’était une époque où les gens, à grande échelle, commençaient à vraiment prendre conscience des horreurs dont l’humanité était capable. Les visions idéalisées de la société des années 50 et du début des années 60 commençaient à s’effacer pour laisser apparaître les réalités persistantes et le mal sous-jacent. Ces films se caractérisaient par le cynisme porté à l’égard de l’espèce humaine et sa propension à s’autodétruire. Pensez à la fin iconique du film original, cette image provocante de la statue de la Liberté ensevelie, rongée par la rouille et en décomposition. Après tout, l’idée maîtresse du film était que la planète des singes n’était pas une autre planète, mais une terre dévastée par une guerre nucléaire menée par l’humanité.</summary></entry><entry><title type="html">Fondation : vers une convergence entre “eye-sci-fi” et s.f. ?</title><link href="https://charveey.github.io/2021/09/24/fondation-vers-une-convergence-entre-eye-sci-fi-et-sf.html" rel="alternate" type="text/html" title="Fondation : vers une convergence entre “eye-sci-fi” et s.f. ?" /><published>2021-09-24T09:47:59+00:00</published><updated>2021-09-24T09:47:59+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/2021/09/24/fondation-vers-une-convergence-entre-eye-sci-fi-et-sf</id><content type="html" xml:base="https://charveey.github.io/2021/09/24/fondation-vers-une-convergence-entre-eye-sci-fi-et-sf.html">&lt;p&gt;Aujourd’hui vendredi 24 septembre 2021, débute sur le service de streaming de Apple, Apple TV+ la série &lt;em&gt;Fondation&lt;/em&gt; adaptée de l’œuvre éponyme de Isaac Asimov. Cette saga, pilier incontournable de la science-fiction  aura eu une influence colossale sur le genre et aura été la source d’inspiration de nombreuses autres œuvres majeures telles que &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt; ou encore &lt;em&gt;Dune.&lt;/em&gt; Mais ironiquement, &lt;em&gt;Fondation&lt;/em&gt; tout comme les autres écrits majeurs de l’auteur ne se sont pas enracinés dans la conscience collective du grand public.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus d’un demi siècle après, l’héritage de l’auteur n’a toujours pas trouvé son chemin dans les foyers ou sur grand écran, du moins pas de manière significative. Ce constat est d’autant plus marquant au vu du nombre impressionnant de textes écrits par Asimov et de leur influence indéniable sur la culture populaire. Comment cela s’explique-t-il ?&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“Au cinéma et à la télévision, la science-fiction traite principalement d’images, nous pourrions donc l’appeler la science-fiction par l’image”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Pour les audiences modernes, science-fiction rime avec grosses batailles spatiales, aliens et mondes extraterrestres, lasers, voyages interstellaires et j’en passe. Un étalage impressionnant d’effets spéciaux se voulant toujours plus réalistes.  “&lt;em&gt;Au cinéma et à la télévision, la science-fiction traite principalement d’images, nous pourrions donc l’appeler la science-fiction par l’image”&lt;/em&gt; écrivait l’auteur en 1979. Cette version “modernisée” de la science-fiction, popularisée par la télévision est ce qu’il qualifie de “&lt;em&gt;eye-sci-fi&lt;/em&gt;” ou plus simplement science-fiction de l’image. Ici, le spectaculaire prend le pas sur la substance, l’image sur les idées. Il s’il y’a bien une chose dans laquelle Asimov excellait avec ses textes, c’était d’aborder de grandes idées avec des intrigues en forme d’énigme inspirées de ses connaissances en science et en histoire, le tout en restant très accessible pour le lecteur. L’auteur préférait retranscrire dans ses écrits de longues et approfondies conversations entre de petits groupe d’individus se livrant à des parties d’échecs mentales pour essayer de prendre l’ascendant les uns sur les autres plutôt que mettre l’accent sur le spectaculaire. Il semblait presque ennuyé par les aspects les plus spectaculaires de ses histoires, au point que dans les histoires de la Fondation et ailleurs, Asimov faisait en sorte que les batailles spatiales et autres scènes d’action se déroulent “hors champ” — même s’il n’avait pas à se soucier d’un budget d’effets spéciaux. Cette vision de la science-fiction, focalisée sur la substance, les idées; la “science-fiction littéraire” en somme, il lui réservait l’abréviation de s.f. et espérait qu’un jour la science fiction de l’image s’élèverait à son niveau.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“Les gens essaient d’adapter Fondation depuis plus de 50 ans”&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;A priori, les histoires de Asimov semblent se prêter facilement à l’exercice de l’adaptation : dans &lt;em&gt;Fondation&lt;/em&gt; par exemple, une équipe intrépide de scientifiques désespérés, exilés sur un monde stérile, complotent secrètement pour sauver de lui-même un empire galactique en déclin — avec des billions de vies en jeu ! De fringants commerçants ! Des raiders impériaux ! Des intrigues de palais !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais dans la réalité, la manière dont ces histoires sont retranscrites dans les livres les rendent très difficile à adapter en images, du moins pas de façon assez intéressante pour les audiences modernes. C’est sûrement là la raison principale qui explique la présence anecdotique des oeuvres de Asimov dans les medias vidéos. “&lt;em&gt;Les gens essaient d’adapter Fondation depuis plus de 50 ans&lt;/em&gt;”, a déclaré Goyer dans une vidéo promotionnelle pour la série. Goyer se heurte à une énigme qui a tourmenté les scénaristes pendant la majeure partie du siècle : bien qu’il s’agisse d’un auteur très accessible dont l’œuvre regorge de grandes idées passionnantes, Asimov n’est tout simplement pas cinématographique. Il y’a bien eu des tentatives d’adaptation hollywoodiennes, malheureusement très médiocres: le film de 1999, L’Homme Bicentenaire, basé sur une nouvelle qu’Asimov a écrite l’année du bicentenaire de l’Amérique et qu’il a ensuite développée, avec Robert Silverberg, dans le roman &lt;em&gt;L’Homme Positronique&lt;/em&gt; (1992). Tourné avec un budget ridicule de 100 millions de dollars, soit 37 millions de plus que ce qu’a coûté la réalisation de &lt;em&gt;Matrix&lt;/em&gt; la même année. Le film a perdu de l’argent. Pourtant, Hollywood a déboursé 120 millions de dollars pour réaliser &lt;em&gt;I, Robot&lt;/em&gt; (2004), avec Will Smith dans le rôle d’un policier du futur qui enquête sur un meurtre qui semble avoir été commis par un robot. Le titre et quelques idées sont tirés du recueil de nouvelles d’Asimov de 1950, mais pas grand-chose d’autre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face à un tel constat, on serait presque tenté d’affirmer que “eye-sci-fi” et s.f. tels que décrits par Asimov sont incompatibles. Mais la réalité est tout autre! Des exemples tels que &lt;em&gt;Blade Runner&lt;/em&gt; (1982) adapté du livre &lt;em&gt;Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?&lt;/em&gt; de Philip K. Dick ou plus récemment l’adaptation du livre de Frank Herbert, &lt;em&gt;Dune&lt;/em&gt; transposé sur grand écran par Denis Villeneuve laissent à croire que ces deux approches de la science-fiction ne s’excluent pas mutuellement. On pourrait aller jusqu’à dire qu’entre de bonnes mains, elles sont complémentaires. Tout espoir n’est donc pas perdu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La série &lt;em&gt;Fondation&lt;/em&gt; arrivera-t-elle à faire justice à l’œuvre de Asimov ? Seul l’avenir nous le dira. Mais si on se fie à ce que les deux premiers épisodes de la série laissent entrevoir, David Goyer tient peut-être la clé de la première adaptation réussie de l’œuvre de Asimov : un développement plus accru des personnages et de leur relations, chose qui faisait défaut aux premiers livres de la saga le tout sans détourner le téléspectateur des idées centrales autour desquelles évoluaient les personnages. Des idées qui, à mon sens étaient les véritables personnages principaux de ses histoires.&lt;/p&gt;</content><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><summary type="html">Aujourd’hui vendredi 24 septembre 2021, débute sur le service de streaming de Apple, Apple TV+ la série Fondation adaptée de l’œuvre éponyme de Isaac Asimov. Cette saga, pilier incontournable de la science-fiction aura eu une influence colossale sur le genre et aura été la source d’inspiration de nombreuses autres œuvres majeures telles que Star Wars ou encore Dune. Mais ironiquement, Fondation tout comme les autres écrits majeurs de l’auteur ne se sont pas enracinés dans la conscience collective du grand public. Plus d’un demi siècle après, l’héritage de l’auteur n’a toujours pas trouvé son chemin dans les foyers ou sur grand écran, du moins pas de manière significative. Ce constat est d’autant plus marquant au vu du nombre impressionnant de textes écrits par Asimov et de leur influence indéniable sur la culture populaire. Comment cela s’explique-t-il ? “Au cinéma et à la télévision, la science-fiction traite principalement d’images, nous pourrions donc l’appeler la science-fiction par l’image” Pour les audiences modernes, science-fiction rime avec grosses batailles spatiales, aliens et mondes extraterrestres, lasers, voyages interstellaires et j’en passe. Un étalage impressionnant d’effets spéciaux se voulant toujours plus réalistes. “Au cinéma et à la télévision, la science-fiction traite principalement d’images, nous pourrions donc l’appeler la science-fiction par l’image” écrivait l’auteur en 1979. Cette version “modernisée” de la science-fiction, popularisée par la télévision est ce qu’il qualifie de “eye-sci-fi” ou plus simplement science-fiction de l’image. Ici, le spectaculaire prend le pas sur la substance, l’image sur les idées. Il s’il y’a bien une chose dans laquelle Asimov excellait avec ses textes, c’était d’aborder de grandes idées avec des intrigues en forme d’énigme inspirées de ses connaissances en science et en histoire, le tout en restant très accessible pour le lecteur. L’auteur préférait retranscrire dans ses écrits de longues et approfondies conversations entre de petits groupe d’individus se livrant à des parties d’échecs mentales pour essayer de prendre l’ascendant les uns sur les autres plutôt que mettre l’accent sur le spectaculaire. Il semblait presque ennuyé par les aspects les plus spectaculaires de ses histoires, au point que dans les histoires de la Fondation et ailleurs, Asimov faisait en sorte que les batailles spatiales et autres scènes d’action se déroulent “hors champ” — même s’il n’avait pas à se soucier d’un budget d’effets spéciaux. Cette vision de la science-fiction, focalisée sur la substance, les idées; la “science-fiction littéraire” en somme, il lui réservait l’abréviation de s.f. et espérait qu’un jour la science fiction de l’image s’élèverait à son niveau. “Les gens essaient d’adapter Fondation depuis plus de 50 ans” A priori, les histoires de Asimov semblent se prêter facilement à l’exercice de l’adaptation : dans Fondation par exemple, une équipe intrépide de scientifiques désespérés, exilés sur un monde stérile, complotent secrètement pour sauver de lui-même un empire galactique en déclin — avec des billions de vies en jeu ! De fringants commerçants ! Des raiders impériaux ! Des intrigues de palais ! Mais dans la réalité, la manière dont ces histoires sont retranscrites dans les livres les rendent très difficile à adapter en images, du moins pas de façon assez intéressante pour les audiences modernes. C’est sûrement là la raison principale qui explique la présence anecdotique des oeuvres de Asimov dans les medias vidéos. “Les gens essaient d’adapter Fondation depuis plus de 50 ans”, a déclaré Goyer dans une vidéo promotionnelle pour la série. Goyer se heurte à une énigme qui a tourmenté les scénaristes pendant la majeure partie du siècle : bien qu’il s’agisse d’un auteur très accessible dont l’œuvre regorge de grandes idées passionnantes, Asimov n’est tout simplement pas cinématographique. Il y’a bien eu des tentatives d’adaptation hollywoodiennes, malheureusement très médiocres: le film de 1999, L’Homme Bicentenaire, basé sur une nouvelle qu’Asimov a écrite l’année du bicentenaire de l’Amérique et qu’il a ensuite développée, avec Robert Silverberg, dans le roman L’Homme Positronique (1992). Tourné avec un budget ridicule de 100 millions de dollars, soit 37 millions de plus que ce qu’a coûté la réalisation de Matrix la même année. Le film a perdu de l’argent. Pourtant, Hollywood a déboursé 120 millions de dollars pour réaliser I, Robot (2004), avec Will Smith dans le rôle d’un policier du futur qui enquête sur un meurtre qui semble avoir été commis par un robot. Le titre et quelques idées sont tirés du recueil de nouvelles d’Asimov de 1950, mais pas grand-chose d’autre. Face à un tel constat, on serait presque tenté d’affirmer que “eye-sci-fi” et s.f. tels que décrits par Asimov sont incompatibles. Mais la réalité est tout autre! Des exemples tels que Blade Runner (1982) adapté du livre Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick ou plus récemment l’adaptation du livre de Frank Herbert, Dune transposé sur grand écran par Denis Villeneuve laissent à croire que ces deux approches de la science-fiction ne s’excluent pas mutuellement. On pourrait aller jusqu’à dire qu’entre de bonnes mains, elles sont complémentaires. Tout espoir n’est donc pas perdu. La série Fondation arrivera-t-elle à faire justice à l’œuvre de Asimov ? Seul l’avenir nous le dira. Mais si on se fie à ce que les deux premiers épisodes de la série laissent entrevoir, David Goyer tient peut-être la clé de la première adaptation réussie de l’œuvre de Asimov : un développement plus accru des personnages et de leur relations, chose qui faisait défaut aux premiers livres de la saga le tout sans détourner le téléspectateur des idées centrales autour desquelles évoluaient les personnages. Des idées qui, à mon sens étaient les véritables personnages principaux de ses histoires.</summary></entry><entry><title type="html">Interstellar : quand le cœur rencontre la raison.</title><link href="https://charveey.github.io/2021/08/04/Interstellar-entre-coeur-et-raison.html" rel="alternate" type="text/html" title="Interstellar : quand le cœur rencontre la raison." /><published>2021-08-04T21:37:09+00:00</published><updated>2021-08-04T21:37:09+00:00</updated><id>https://charveey.github.io/2021/08/04/Interstellar-entre-coeur-et-raison</id><content type="html" xml:base="https://charveey.github.io/2021/08/04/Interstellar-entre-coeur-et-raison.html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, la grande épopée spatiale signée Christopher Nolan est un film que j’affectionne particulièrement. En plus d’être à ce jour mon film préféré, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; a été le déclic, le point de départ de ma passion pour le Septième Art…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis tout petit, j’étais animé d’une curiosité insatiable. Une curiosité qui m’a poussé à m’intéresser très jeune à des sujets complexes tels que la mécanique quantique et l’astronomie en parcourant les encyclopédies de ma tante. A peine j’entrais au collège que je m’étais déjà familiarisé avec les théories générale et restreinte de la relativité, le concept de pont d’Einstein-Rosen, le paradoxe de Fermi etc… 
J’étais tout autant fasciné par la possibilité de la vie ailleurs dans l’Univers que par le concept du voyage temporel. La science-fiction et moi, ça a donc été le coup de foudre direct. D’abord grâce à des films comme &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Rencontre du Troisième Type&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (1977), &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Contact&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (1997) ou &lt;strong&gt;&lt;em&gt;La Machine à explorer le temps&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (2002) et plus tard à travers les livres. 
C’est donc sans surprise que mon attention s’est portée sur &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; de Christopher Nolan. Le film dépeint un monde en proie à des tempêtes de poussière où l’espèce humaine est au bord de l’extinction. Une équipe d’astronautes part en mission à la recherche d’une planète habitable où les habitants de la Terre pourraient se réinstaller. 
Au-delà de son scénario ambitieux, de la justesse avec laquelle le film aborde certains concepts scientifiques complexes, ce qui m’aura le plus marqué au cours de mes nombreux visionnages c’est la façon dont le film traite son thème central: l’Amour. Car oui, derrière ses allures de &lt;em&gt;space opera&lt;/em&gt; classique &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est en réalité un film sur la parentalité mais aussi sur l’amour dans sa dimension universelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/Interstellar01.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;em&gt;“Dès qu’on est parents, on devient le fantôme de l’avenir de ses enfants”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Pour mener à bien sa mission, le personnage interprété par Matthew McConaughey, Cooper, doit abandonner ses enfants sur Terre. Mais si la Terre et les hommes sont condamnés, quel autre choix a-t-il ? Contrairement à ce qu’on pourrait croire il ne fait pas ce sacrifice parce que c’est un héros avec une destinée manifeste, non. Il est contraint d’abandonner sa famille parce que cette mission est pour lui le seul moyen de leur assurer un futur, même si cela signifie pour lui qu’il ne les verra pas grandir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a cette scène très touchante, dans laquelle Cooper s’absente pendant quelques heures et découvre à son retour qu’il a manqué des décennies de la vie de ses enfants, relativité générale et dilatation temporelle obligent. Ce sont 20 ans de vie condensés en quelques messages vidéo qui défilent sous ses yeux, 20 ans de joie et de souffrances qu’il n’aura pas partagés avec sa famille, qui sont irrémédiablement, définitivement perdus. Le monologue déchirant de sa fille Murph qui lui rappelle cette promesse qu’il lui avait faite au moment de son départ. Et enfin le gros plan sur Cooper qui fond en larmes…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De toutes les scènes émotionnelles du film, c’est probablement celle qui me touche le plus. Simple et intimiste, cette scène a un impact émotionnel intense et contraste avec la vastitude du reste du film. Elle illustre parfaitement toute la dimension sentimentale d’&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/Interstellar02.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;em&gt;“De toutes les choses que nous percevons seul l’amour transcende le temps et l’espace.”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Écouter passionnément son cœur ou se fier prudemment à sa raison ? Voilà un dilemme auquel nous avons tous été confrontés. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est un film où l’amour sauve la mise. &lt;em&gt;Amor Vincit Omnia&lt;/em&gt; comme disaient les Romains. Cela peut sembler paradoxal, car la science et les sentiments sont souvents considérés comme binaires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A un moment donné dans le film, l’équipage doit décider quelle est la prochaine planète à visiter car il n’a plus assez carburant pour toutes les explorer. Le personnage d’Anne Hathaway, le Dr Amelia Brand suggère alors à équipage que le meilleur choix serait de se diriger sur la planète du Dr. Edmonds. Mais au moment de voter, Cooper informe le reste de l’équipage que Brandt est en réalité amoureuse de Edmonds, sous-entendant que son choix n’est motivé que par ses émotions. Le Dr. Brand retorque que &lt;em&gt;“L’amour est la seule chose que nous sommes capables de percevoir et qui transcende les dimensions du temps et de l’espace, peut-être devrions-nous lui faire confiance même si nous ne pouvons pas encore le comprendre.”&lt;/em&gt; Pour elle, ce sentiment ne peut être cantonné à la simple “construction sociale” parce qu’on n’a pas inventé l’amour. &lt;em&gt;« On aime les gens après leur mort. Quelle utilité sociale ? Aucune. Il y a peut-être là une signification qui nous échappe encore… »&lt;/em&gt;, ajoute-elle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/Interstellar03.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De même, les choix opérés par Cooper, que le film nous présente comme des décisions rationnelles et logiques sont en réalité mus par son désir de revoir sa famille, cet espoir infime qu’il a de tenir la promesse faite à sa fille. En effet, la planète du Dr. Mann pour laquelle il a voté offrait le trajet le plus court, lui permettant ainsi de rentrer plus tôt auprès de sa famille.
Et même à la fin du film, le lien qui unissait Cooper et sa fille est resté l’élément central lors des retrouvailles que beaucoup ont trouvé ambiguë. Bien que toute la descendance de Murphy soit présente au moment des retrouvailles, la caméra s’obstine à diriger toute notre attention sur Cooper et Murphy, le père et la fille enfin réunis…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/posts/Interstellar05.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;L’amour est dans sa version universelle la force qui défie la science et relie l’Humanité toute entière.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Avant &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, un film n’était pour moi rien de plus que du divertissement. Et un “bon” film se devait avant tout d’être stimulant intellectuellement. J’ai toujours pensé que la logique devait toujours primer sur les émotions. Mais après l’avoir vu, j’ai fini par me rendre compte que le cinéma était plus qu’un simple divertissement, c’est un art capable de véhiculer des émotions puissantes. Et cela n’aurai pas été possible sans la rigueur de Nolan qui a su combiner &lt;a href=&quot;https://www.lefigaro.fr/cinema/2014/11/05/03002-20141105ARTFIG00038--insterstellar-le-premier-trou-noir-realiste-sur-grand-ecran.php&quot;&gt;justesse scientifique&lt;/a&gt; et enjeux émotionnels.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A mes yeux, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; n’est pas seulement un film de science-fiction. Derrière ce scénario ambitieux, ces notions complexes et ces grandes idées, le fondement même de son message n’est qu’émotion. 
 Alors que les autres films sur l’espace se concentrent sur la peur de l’inconnu, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est unique dans son genre car il intègre sa vision positive et émotionnelle de l’humanité à un raisonnement scientifique. En mettant en avant cette “cinquième dimension” qu’est l’amour, le film nous rappelle que dans sa version universelle c’est la force qui défie la science et relie l’Humanité toute entière. C’est ce que l’humanité apporte à l’Univers. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Interstellar&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; suggère que pour sauvegarder l’avenir de l’humanité, la logique et l’émotion doivent travailler de concert…&lt;/p&gt;</content><author><name>Ange Kevin Amlaman</name></author><summary type="html">Interstellar, la grande épopée spatiale signée Christopher Nolan est un film que j’affectionne particulièrement. En plus d’être à ce jour mon film préféré, Interstellar a été le déclic, le point de départ de ma passion pour le Septième Art…</summary></entry></feed>